Rencontre avec Julie de Kilovert, entrepreneuse green et engagée.


En écrivant cette introduction, je repense à mon premier contact avec Julie en souriant. Nous sommes début septembre, fraichement installée sur Toulouse, je suis en train de faire du sourcing sur Instagram pour La parenthèse Slow et tombe sur le compte de son épicerie vrac toulousaine "Kilovert". Ce qui s'en dégage me plait immédiatement : l'engagement et les valeurs, le logo, la déco, les produits de la boutique et puis, Julie. Je lui écris pour lui proposer mon soutien dans la gestion de son épicerie mais ouverte depuis tout juste 5mois, elle ne peut embaucher.

On décide malgré tout de se voir car j'ai pensé lui proposer d'être un des prochains portrait du blogzine dès la première minute.


Notre rencontre autour d'un café confirme l'avis que je me suis fait d'elle à travers une photo : Julie est douce et bienveillante mais aussi déterminée et ambitieuse (oui, j'ai vu tout ça !).

J'ai beaucoup aimé nos échanges, elle est plus jeune que moi (nous avons presque 10 ans d'écart) et elle m'a inspirée et transmis son énergie. Très active, Julie tient un blog sur lequel elle partage son aventure entrepreneuriale, ses astuces zéro déchets, ses recettes et elle gère également très bien son compte Instagram.


Julie, ce qu'elle ne sait pas c'est que j'ai envie de lui dire merci car c'est en discutant avec elle, notamment d'une expérience professionnelle décevante (chose que nous avons en commun elle et moi), que j'ai eu le déclic : aujourd'hui plus que jamais je veux être libre, vivre de ma passion mais surtout : exercer une activité en accord avec mes valeurs personnelles.

Alors, merci Julie de Kilovert !


Je vous laisse faire connaissance avec elle à travers ce quatrième interview.


Salut Julie, parle-moi de toi, de ton parcours.


Bonjour Claire, je suis Julie, j'ai 25 ans. J'ai grandi entre Paris, Toulouse et Pamiers (en Ariège). Enfance classique entre des parents divorcés très tôt, basketteuse pendant 13 ans, titulaire d'un bac S spé Physique-Chimie, je suis partie faire mes études à Toulouse. Après une licence STAPS Spécialité Management Sportif, j'ai pris une année pour voyager et tenter d'apprendre l'anglais (Australie, Bali, Royaume-Unis). Année très riche en expériences, émotions et ouverture d'esprit. J'ai ensuite intégré un Master en Management à l'IAE de Toulouse. C'est grâce à ce master que mon attrait à l'entreprenariat s'est développé.


Dans la vie, plutôt speed ou slow?


Je dirais plutôt slow, mais avec quelques pics speed !


De quelles idées, motivations est né Kilovert ?


Motivations écologiques puis entrepreneuriales. Je suis curieuse, j'aime chercher, dénicher. C'est comme ça que je procède pour trouver des idées cadeaux, avec des marques non connues du grand public.

De fil en aiguille, je me suis rendue compte que j'avais très envie de mettre à l'honneur des marques qui œuvrent tous les jours, pour contrer toute la surconsommation que l'on connaît et proposer des alternatives plus responsables.

De même pour la partie alimentaire, les petits producteurs ont besoin de plus de visibilité (et je suis tellement d'accord avec elle, c'est de cette envie que La parenthèse Slow est née !).


Quand et comment t'es-tu lancée ?


En mai 2019, encore salariée, j'ai réalisé une formation liée au vrac avec l'association "Réseau Vrac". Je me suis inscrite dans l'optique de me rendre compte, ou pas, si c'était ce dont j'avais envie. En juillet 2019, je déposais ma démission et le 1er septembre, je me lançais dans l'aventure.


Ce n'est pas trop difficile de créer et de gérer une boutique physique ?


Je ne pense pas que la création soit très difficile, mais c'est surtout long. Il faut s'armer de patience et faire les choses dans le bon ordre. La gestion est bien sûr un peu plus sportive mais j'essaie de m'organiser au maximum pour ne pas y passer toutes mes nuits. Pour le moment, je le vis bien !


Comment sélectionnes-tu les produits que tu vends dans ta boutique ?


Pour la partie alimentaire : la localisation, la qualité, l'emballage et le prix. Pour les cosmétiques, je fais attention à la composition, à l'emballage et au Made In France. Idem pour les produits d'entretien. Les accessoires zéro déchet, eux, sont fabriqués par des créatrices de la région et au mieux, avec des tissus recyclés.


Quelle est ta vision de l'écologie ? Tes gestes au quotidien?


Ma vision de l'écologie c'est prendre le temps. Ne pas être acheteur compulsif (et ça vaut pour tous les domaines : les vêtements, l'alimentaire, les voitures, accessoires, voyages...tout ! ), se questionner, prendre le temps de trouver des équivalences. Savourer les petits gestes du quotidien.

Pour ma part, j'ai laissé ma voiture pour mon vélo, j'essaie de me déplacer un maximum en train, de réduire considérablement ma consommation de viande, de ne plus acheter de vêtements neufs sauf quelques pièces de marques écoresponsables. Je fais mes produits d'entretien et j'ai banni le plastique (le contraire serait illogique!). Un peu tout ça à la fois, mais c'est un changement sur le long terme, progressif (environ une bonne année).


Quel est la place d'Instagram dans ton activité, ta notoriété ?


Instagram a une très grande place dans mon activité. Ce n'est pas toujours facile de trouver du contenu mais j'essaie de poster régulièrement avec les jolies photos qu'Emmanuelle, ma photographe, m'a faites. Je parle essentiellement du magasin mais j'aimerais commencer à partager un peu de mon quotidien également !


C'est comment la vie d'entrepreneuse ?


C'est super chouette, cette liberté n'a pas de prix !

Oui les journées sont longues, je ne parle même pas de la fatigue en fin de journée ou des to do list qui ne font que rallonger, mais toute cette liberté rend la vie très agréable.

Qu'est-ce qui est le plus gratifiant pour toi ?


Je vais faire simple : que les clients reviennent !


Une anecdote liée à ton aventure à nous partager ?


Il y en a plusieurs mais j'ai particulièrement en tête un banquier que j'ai rencontré lors de ma recherche de financement qui s'est ouvertement fichu de moi, ou encore le dégât des eaux de la boutique à J-5 de l'ouverture...


Des projets, évolutions à venir ?


Des projets ? J'espère oui ! Peut-être prendre quelques personnes avec moi au magasin, développer Kilo Vert ailleurs... On verra d'ici quelques mois comment les choses se profilent.


Si tu devais donner un conseil à tous ceux qui veulent se lancer, ce serait quoi ?


De foncer ! Bien évidemment, il ne faut pas se mettre en danger financièrement mais si le projet est cohérent, si c'est réalisable et si, surtout, on en rêve la nuit, il faut y aller ! On n'a rien à perdre.

Le temps nous file parfois entre les doigts, nous ne sommes pas grand chose à l'échelle planétaire alors autant savourer ce temps, le vivre pleinement.

Qu'est-ce qui t'inspire ou t'anime particulièrement ?


Quelques figures féminines très entreprenantes qui me motivent pour faire vivre Kilo Vert comme Justine Hutteau pour sa force de communication ou encore Laury Thilleman pour ses combats écologiques et parce que c'est une grande sportive.

Le contexte environnemental actuel me pousse bien sûr à continuer tous les jours dans ma démarche, informer mon entourage, conseiller les clients... J'apprends d'eux également.



J'espère que cette rencontre vous a plu. Je vous dis à très bientôt pour un nouveau portrait de celles qui font le beau, qui ont le courage de se lancer et de vivre de leur passion.

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