Rencontre avec Johanna de Slowhome : un retour à l'essentiel pour mieux construire.

Avec Johanna, nous nous suivons sur Instagram depuis de nombreuses années maintenant, je n'ai malheureusement pas encore pu la rencontrer IRL (In Real Life comme il se dit aujourd'hui !), Beaune et Toulouse, ne sont pas vraiment à coté ! Je me retrouve beaucoup dans son univers, il m'inspire beaucoup !


Johanna a crée Slowhome il en juin 2019. C'est la somme de 3 beaux projets qui s'imbriquent parfaitement et se complètent naturellement : un cabinet d'architecture d'intérieur, un eshop et une boutique d'objets du quotidien. Pour construire cette belle aventure, elle s'est écoutée et elle s'est faite confiance. Elle y met chaque jour toute son énergie, sa créativité, son amour pour la décoration et l'artisanat et on le ressent.

Slowhome, c'est aussi et surtout, une véritable invitation au calme et à la douceur. Je suis ravie qu'elle ait accepté de nous raconter son aventure entrepreneuriale.



Parle-moi de toi Johanna, de ton parcours.


Johanna - Je suis née et j'ai grandi à Beaune. Après un bac littéraire, je suis partie à Lille pour intégrer l'Ecole Nationale Supérieure d'Architecture et j'en suis sortie diplômée avec les Félicitations du Jury. Je commence ma vie professionnelle comme architecte dans une agence parisienne. Résultats : Paris 1 / Joe 0. Le monde, la course, le bruit, l'affolement, la ville, la pollution... ce n'était pas pour moi !

Après des études éreintantes et une expérience parisienne oppressante, j'avais besoin d'un retour aux sources : retrouver l'horizon, le calme, la famille, la nature, et puis LE TEMPS, aussi. Je me suis écoutée, et je suis rentrée à Beaune pour fonder ma propre agence d'architecture, à mon rythme.

Dans la vie, plutôt speed ou slow?


Johanna - Slow dans ma tête, speed dans mon planning. Mes journées sont toujours très remplies, mais bien organisées. Je garde des moments de calme pour me recentrer. Cela me fait du bien, et je gagne en efficacité quand je me remets au travail.


Explique-moi quand et comment tu t'es lancée.


Johanna - Slowhome, c'est avant tout une atmosphère qui invite au calme, au temps pour soi, au retour à l'essentiel, dans une maison où il fait bon vivre. Elle prône le minimalisme, l'intemporel, le naturel... le tout dans un cocon réconfortant aux tonalités douces et apaisantes.

Aujourd'hui, Slowhome se décline en une agence d'architecture, une boutique d'accessoires de maison et un eshop. Côté architecture, je suis spécialisée dans la réhabilitation.

Amoureuse des matériaux, j'aime mixer la pierre, le béton ciré et la chaux avec des touches de bois et d'osier. Tout est conçu en accord avec notre univers. Côté boutique, je prends un immense plaisir à sourcer mes articles PARTOUT.

Je dévore les Milk magazines, j'arpente tous les salons de créateurs, je fouille Instagram... et c'est ainsi que je rencontre des créateurs aussi passionnés que passionnants !


Ce n'est pas trop difficile de créer et de gérer un site -commerce?


Johanna - Il est vrai qu'il y a énormément de paramètres à gérer. Au début, j'ai clairement plongé dans le grand bain sans savoir nager.

Quand on a mis en ligne la première version de l'eshop, je savais que c'était comme l' "esquisse" d'un projet d'architecture. J'aime partager mes projets avant qu'ils ne soient tout à fait ficelés pour m'adapter aux retours-clients.

Pour ce qui est du suivi et de la gestion quotidienne de l'eshop, c'est très chronophage. En effet, je privilégie les tout petits stocks sur mes articles pour préserver le côté exclusif et collabore souvent avec des créateurs qui travaillent en édition limitée, du coup, les collections se renouvellent sans cesse et il est donc difficile d'avoir un eshop toujours à jour. Je dois donc parfois faire des choix, je privilégie alors davantage la proposition-boutique à la proposition e-shop. Pour le moment je suis seule pour gérer les 2 ainsi que l'agence d'architecture, mais j'ai conscience que cela ne pourra pas durer. Heureusement, Alex, mon conjoint, a pris la main sur la préparation et l'expédition des commandes insta/eshop, et cela me soulage beaucoup. Je commence d'ailleurs à réfléchir à la possibilité d'avoir quelqu'un qui gèrerait et développerait notre eshop afin qu'il soit toujours à jour, étendre nos services et pourquoi pas, y présenter les projets d'architecture !


Il y a peu, vous avez ouvert une boutique physique, félicitations ! Qu'est-ce qui vous a décidé à sauter le pas ?


Johanna - Ce n'était absolument pas le plan de départ. Pour faire connaître notre eshop, nous avons organisé quelques pop-up stores et c'est très naturellement que nos clients nous demandaient régulièrement où sera le prochain pop-up, quand est-ce qu'on ouvrirait notre première boutique... une boutique ? Notre concept avait-il le potentiel d'être présenté dans une vraie boutique ?! Les premiers temps, cela me semblait impensable. Puis un jour, un ami m'a envoyé l'annonce d'un local dans le centre de Beaune. Avec Alex, nous l'avons visité par curiosité le lendemain et sans réfléchir, le projet était lancé ! Deux mois de travaux plus tard, notre agence-boutique ouvrait ses portes le 6 juin 2020, soit un an jour pour jour après la création de l'entreprise !


Si je ne me trompe pas, tu fabriques toi aussi des objets déco ?


Johanna - En effet, c'est une autre corde à l'arc de Slowhome. Depuis dix ans, je récupère les chutes de la menuiserie de mon père pour réaliser des tableaux. Lorsque j'ai rencontré Alex, négociant-vignificateur, je ne pensais pas que mes créations l'intéresseraient puis j'ai découvert qu'il avait une formation en menuiserie ! Il a donc commencé à me donner des conseils et a fini par très vite s'impliquer dans la fabrication de certaines pièces. Aujourd'hui, entre mes chantiers et la boutique, je n'ai plus le temps d'aller à l'atelier alors c'est Alex qui se charge des commandes de tableaux. Notre demande est telle que nous ne travaillons quasiment plus que sur-commande, et nous expédions partout !


Quelle est la place d’Instagram dans le développement de ton activité ?


Johanna - Instagram me sert avant tout de plateforme de Sourcing, pour dénicher des petits créateurs qui pourraient avoir envie de partager l'aventure Slowhome. Je reçois aussi beaucoup de demandes de partenariats avec des créateurs et des influenceurs alors je tente des petites expériences pour faire connaître notre concept (avec des concours par exemple). Instagram me sert aussi à créer du lien avec mes clients. Je partage des "visites virtuelles" de la boutique, et reçois beaucoup de questions sur les articles. J'essaie d'être la plus réactive possible, et de donner des conseils personnalisés. Pour le reste, c'est plutôt spontané, mais je suis preneuse de conseils !


C’est comment, vivre de sa passion ?


Johanna - Une cuillère d'épanouissement, une louche de stress, un poil d'excitation, une pincée de pression, et un grand verre de gratification... Mélangez le tout, avalez-en un bon bol et montez sur les montagnes russes !


Je crois qu'être une femme lorsque l'on entreprend est une force, que notre coté Yin (la puissance liée à la création, notre intuition...) nous aide et nous pousse à nous dépasser dans cette aventure. Tu en penses quoi?


Je ne sais pas si c’est propre à la femme, mais je suis persuadée qu’il faut beaucoup de confiance en son intuition pour se lancer. Quand j’ai voulu entreprendre, on m’a tout de suite parlé de business-plan, de cible, de stratégie de communication, de gestion... des termes qui m’étaient totalement inconnus ! Même si j’ai eu la sensation de plonger la tête la première sans savoir nager, je ne me suis pas laissée envahir par la peur pour la simple et bonne raison que je me suis fait confiance.

Je crois en la force de la spontanéité, et encore plus grâce aux réseaux sociaux. J’ai des retours quotidiens sur mes services et mes produits, et j’adapte sans cesse ma façon de travailler pour répondre au mieux aux attentes de ma clientèle. Slowhome est une aventure commune, dans laquelle je communique avec la plus grande transparence sur les obstacles, mes doutes, mes limites, mais aussi les perspectives de développement.

Je reçois beaucoup de messages de femmes qui souhaitent entreprendre, je pense n’avoir aucun conseil à donner si ce n’est de se faire confiance et de bien s’entourer. Il faut faire attention aux énergies négatives qui gravitent autour de l’entrepreneuriat, j'ai pu entendre : "se lancer avec le contexte actuel ?! Vraiment?", "le marché de la déco est saturé", "tu peux dire adieu à ta vie de famille", ou encore "une agence d’architecture ET une boutique? Toute seule? Impossible! », et bien si, et c’est l’éclate !


Qu’est-ce qui est le plus gratifiant pour toi ?


Johanna - Quand les gens se sentent apaisés par l'atmosphère de la boutique et qu'on voit qu'ils ont envie d'y rester, et de revenir... Ca donne envie d'avoir une partie café, avec des pâtisseries maison qui embaumeraient les lieux : nouveau projet ?!


Si tu devais donner un conseil à tous ceux qui veulent se lancer, ce serait quoi ?


Johanna - Je dirais qu'il faut transformer ses rêves en objectif de vie. Moi j'en suis encore loin, mais la route est belle, et c'est tout ce qui compte (et c'est si vrai...!).


Qu'est-ce qui t'inspire ?


Johanna - Tout ce qui m'entoure. Je touche à tout, je photographie tout, je dessine tout ! Je dévore les magazines d'architecture, chasse les nouveaux créateurs et je suis accro au podcast "Décodeur". J'admire tout particulièrement le lifestyle de créateurs tels que Codie O'Connor (artiste peintre) et Ariele Alasko (designer spécialisée dans le travail du bois).



J'espère que cette rencontre vous a plu. Je suis heureuse que vous ayez ralenti, pris le temps de lire ce nouvel article et vous dis à très bientôt, pour un nouveau portrait de celles qui font le beau.

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