Rencontre avec Hélène : "la passion m'a aidée à franchir des barrières incroyables".

Je retrouve Hélène, fondatrice de la marque de cosmétique bio et éco-responsable Jardin Confidentiel lors d'une douce journée d'octobre dans son Mas dédié à son entreprise familiale (qui regroupe également la Maison de la Violette , créée en 1993), situé dans un ancien quartier de maraîcher.

Elle me sert un thé et après quelques minutes, je remarque que la bouilloire est violette, tout comme son pull, sa coque de téléphone et son service à Thé et ça provoque en moi, le premier d'une longue série de sourires durant cette rencontre.

Hélène cultive ses violettes, ses "bébés" comme elle aime les appeler, dans le jardin avec beaucoup de soin (je la soupçonne de murmurer aux pétales des violettes !).

Son coup de foudre pour la violette remonte à plus de 30 ans et elle sait presque tout de cette fleur. Elle m'explique qu'elle a une place très importante dans l'histoire de Toulouse (dans les années 1900, les maraîchers toulousains étaient les seuls à faire des bouquets de violettes en hiver, il étaient envoyés partout en France et en Europe et les veuves de guerres les vendaient dans les kiosques du centre-ville).


Il y a 7 ans, Hélène se met en tête d'analyser la violette pour en connaître ses bienfaits. Elle fait alors appel à des scientifiques et des laboratoires locaux qui découvrent que la violette peut booster le collagène. Ils réussissent à faire valider un actif anti-âge (qui a été breveté il y a peu). C'est de cette découverte que née sa marque de soins pour le visage et le corps "Jardin confidentiel" il y a tout juste quelques semaines.

Pour sa marque, Hélène a fait le choix d'une démarche éco-responsable : ses soins sont naturels, fabriqués en circuit court par une équipe locale afin de réduire au maximum l’empreinte carbone. Sa démarche ne s'arrête pas là, les tubes des produits sont en fibre de végétaux fabriqués dans le Gers et les emballages sont en papier recyclé et encre végétale fabriqués à Carcassonne.


Hélène travaille déjà sur son futur projet né d'un besoin, d'une obligation presque, de transmission : elle veut numériser son fond de collection sur la violette pour le transmettre aux générations futures et à ceux qui voudront, à leur tour, étudier cette fleur de Toulouse. J'ai rarement rencontré une personne aussi passionnée qu'Hélène, je vous assure que je buvais littéralement ses paroles. Elle me dit, et je conclue avec ses mots, "tu sais Claire, avec la passion, on soulève des montagnes !".



Présente-toi Hélène.


Je suis née à Carcassonne. J'ai travaillé 4 ans au service social des Armées (grade Capitaine!) mais au fond de moi, je rêvais d'être artiste, de peindre, de coudre et de jardiner...et surtout, d'établir ma vie de Femme à Toulouse, ville dynamique et "pays" de la Violette (que j'adore sous toutes ces formes !). En 1993, je consacre tout mon temps à ma passion pour la Violette et je créais mon entreprise, "le Jardin d'Elen". C'était il y a 27 ans déjà !

Tant de chemins parcourus et de belles rencontres de passionnés comme moi. Depuis toutes ces années, je m'efforce de conserver et de transmettre ce patrimoine autour de la violette et surtout, je crée sans cesse et en toute liberté.

Dans la vie, plutôt speed ou slow?


Je passe facilement du speed au slow et du slow au speed en fonction du rythme de mon quotidien et des imprévus !


Explique-moi quand et comment tu t'es lancée.


Après 27 ans de création avec mes artisans de produits gourmands principalement, j'ai eu envie de percer les secrets de cette plantes comme ont le fait avec bien d'autres végétaux. Jusque là, personne n'avait encore étudié la Violette ni trouvé d'applications cosmétiques. Je voulais donner à cette variété unique une belle image, à la fois naturelle et luxueuse. Je n'ai de cesse de vouloir la faire rayonner et d'en gommer l'image vieillotte et désuète parce que pour moi, c'est la plus belle des fleurs. J'ai donc commencé par faire analyser la plante en profondeur, puis j'ai contacté des chercheurs et j'ai obtenu le soutien de la Région. Les recherches pour découvrir un secret anti-âge ont mis 5 ans et le développement a duré 3 ans.


J'ai découvert grâce à toi qu'il y a une histoire riche autour de la violette et de Toulouse, pourquoi cela te touche particulièrement ?


Parce que c'est l'histoire de familles qui ont travaillées dur, à même la terre pour réaliser de magnifiques bouquets ronds délicats (ci-dessous, une boite dans lesquels ils étaient vendus dans les années 50), qui vont faire le bonheur des français en hiver. À tel point que c'est un élément de notre patrimoine.


Ce n'est pas trop difficile techniquement de concevoir une gamme de soin?


C'est très difficile pour une autodidacte comme moi. Heureusement, j'ai travaillé en collaboration avec des personnes formidables, compétentes et de confiance. C'est un défi financier également mais je suis heureuse d'y être parvenue avec mes Violettes !


Un actif que vous avez découvert dans la violette a été récemment brevetée, peux-tu m'en dire un peu plus ?


L'actif SYMBIOLETTE est la rencontre entre les molécules contenues dans le feuillage de mes Violettes et une Symbiose naturelle mise au point par le laboratoire SYMBIOTEC. Les résultats de son activité ont été reconnus par un brevet : il booste les fibroblastes qui produisent plus encore du collagène. Il contient par ailleurs des polyphénols, aux effets anti-oxydants, qui freinent les radicaux libres et de la vitamine C naturelle qui favorise l'éclat du teint.


Quelle est la place d’Instagram dans ton activité, ta notoriété?


C'est un réseau incontournable qui permet de communiquer avec de belles photos et de beaux concepts. Il est dynamisant et permet de faire de belles rencontres. Merci aux jeunes générations !


C'est comment la vie d'entrepreneure ?


C'est l'aventure et ça me correspond parfaitement !

Très jeune, je voulais avoir une vie dynamique, surprenante, ou je créerai, voyagerai, et apprendrai sans cesse de mes rencontres. J'ai horreur de l'ennui, donc je suis servie et surtout libre mais cela demande beaucoup d'énergie et de stabilité à côté.

Je crois qu'être une femme lorsque l'on entreprend est une force, que notre coté Yin (la puissance liée à la création, notre intuition...) nous aide et nous pousse à nous dépasser dans cette aventure. Tu en penses quoi?


J'en suis certaine ! Une femme a beaucoup d'intuition (et c'est l'homme avec qui je partage ma vie qui le dit !)


Qu’est-ce qui est le plus gratifiant pour toi ?


Faire ce que j'aime : créer autour de la Violette, donner du sens à ma vie et surtout partager et pérenniser le patrimoine qui rayonne autour de la Violette.


Une anecdote liée à ton aventure à nous faire partager ?


J'ai participé à l'accueil officiel par la Mairie de Toulouse de la Reine Elisabeth le 7 avril 2004 et il lui a été remis un magnifique bouquet de Violettes !


Si tu devais donner un conseil à tous ceux/celles qui veulent se lancer, ce serait quoi?


Bien s'entourer et surtout, oser !


Tu as un mantra (phrase motivante/positive) qui t'accompagne au quotidien ?


La vie est belle.


Qu’est-ce qui t’inspire ?


La couleur et la senteur de la Violette, le soleil et la mer et la musique douce.



J'espère que cette rencontre vous a plu. Je suis heureuse que vous ayez ralenti, pris le temps de lire ce nouvel article et vous dis à très bientôt, pour un nouveau portrait de celles qui font le beau.

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