Comment j'ai appris à vivre avec l'anxiété (et mes outils pour la gérer).



J'ai rencontré mon anxiété lors de mon tout premier voyage en 2008, je partais vivre et travailler quelques temps à Londres. J'ai pris l'avion et une fois atterri, un puissant sentiment de panique m'a envahi comme une vague. Je me souviens encore de ce moment, je ne comprenais pas ce qu'il m'arrivait, je me sentais en insécurité permanente et je ne voulais qu'une seule chose : fuir. Je voulais rentrer chez moi. J'avais peur et je ressentais un mal-être qui me donnait des maux de ventres, m'empêchait de respirer correctement et d'avaler mes repas, de me concentrer sur les choses les plus simples du quotidien et me donnait des vertiges. J'avais mes parents très souvent au téléphone qui me rassuraient sans trop savoir ce qu'il m'arrivait.

Je n'ai pas fuit, je suis restée à Londres et j'ai réussi à surmonter cet état en prenant du temps pour moi, en lisant, en visitant la ville et en me donnant des objectifs au quotidien.

J'ai pas mal voyagé ensuite (mon dernier remonte à 2017) et je me suis sentie mal à chaque fois les premiers jours. J'ai su quelques années plus tard grâce à mon psychiatre, qu'il s'agissait de mon tout premier trouble panique. J'ai compris que les grands changements et pertes de repères/contrôle déclanchaient mon anxiété.


Il y a eu des signes avant-coureurs qui auraient dû m'alerter sur mon anxiété quand j'étais plus jeune : j'ai la phobie de vomir et j'avais fait des crises de spasmophilie (la première crise est d'ailleurs très impressionnante quand on ne sait pas ce que c'est).


Accepter qu'on a besoin d'aide

En 2012, mon père décède 3 ans après ma mère. Je n'ai pas réussi à faire correctement mon deuil, j'étais bloquée dans la phase de colère. Je ressentais beaucoup d'injustice et les années 2 années qui ont suivi ont été très difficiles. Sans en prendre conscience, je me suis doucement repliée sur moi-même, j'avais de moins en moins envie de voir mes proches et j'étais constamment en colère et déçue par le monde qui m'entoure. Un matin d'hiver 2015, je suis en pleine recherche d'emploi depuis quelques mois (période qui ne m'a clairement pas aidé), le téléphone sonne, on m'annonce que j'ai été retenu pour un super job (qui n'a rien à voir avec ce que j'ai pu faire auparavant, c'était tout à fait nouveau pour moi). Je raccroche et au même moment, une vague de panique et de terreur me paralyse et ne repart plus. Les jours passent mais cet état reste, ne me laissant aucun répit du réveil au coucher. Les pensées irrationnelles sont en boucles, j'ai même peur d'avoir peur.

Déjà pro médecine douce et nature à cette époque, je fais le plein en pharmacie de solutions naturelles : fleurs de Bach, compléments alimentaires, homéopathie. Au bout de 3 semaines, j'avais perdu du poids (ce qui m'inquiétait beaucoup car j'ai une morphologie très mince), les fêtes approchaient et j'avais de moins en moins le moral. Je dois me rendre à l'évidence : j'ai besoin d'aide. Je contacte alors mon psy qui me reçoit en urgence, je lui explique ce qu'il se passe et il est catégorique : je fais un trouble anxieux généralisé.

Si vous ne savez pas ce que c'est, imaginez qu'on vous passe en boucle le film d'horreur qui vous terrifie le plus et vous avez une petite idée de comment se sent une personne atteint par ce trouble.

Définition du trouble anxieux : "état d’inquiétude excessive et permanente. Il relève de la famille de l’anxiété, mais se manifeste plutôt par un malaise continu (même si cela n’exclut pas des attaques d’angoisse comme celles que l’ont voit dans l’anxiété, les crises paniques..). La tension est à la fois psychique et physique, envahissante et impossible à contrôler, même si l’individu a conscience de la disproportion de son souci permanent."

Mon psychiatre m'a donné un traitement que j'ai pris un an, la béquille dont j'avais besoin pour faire le travail qui me permettrait d'aller mieux. Je me souviens sur le coup l'avoir vécu comme un immense échec mais durant cette année passée à me reconstruire, j'ai rapidement compris que cela m'avait été d'une aide précieuse et j'éprouvais de la reconnaissance envers moi-même d'avoir su accepter cette aide.


C'était il y a 6 ans, Je n'ai jamais repris un seul médicament depuis mais cet étape aura était nécessaire pour me permettre d'apprendre et de développer tous les outils dont je vais vous parler qui m'aident encore aujourd'hui, à surmonter mon anxiété et les épreuves de la vie.


Extérioriser, déculpabiliser et être bienveillant envers soi-même

Ça fait partie, selon moi, des choses les plus difficiles à appliquer. L'anxiété est parfois difficile à vivre non seulement pour soi mais aussi pour l'entourage. Alors on culpabilise souvent. De ressentir ce qu'on ressent, de surmonter certaines crises moins bien que d'autres, "d'imposer" notre état à nos proches. Essayez cependant de vous rappeler que l'anxiété est un trouble psychologique bien réel qu'on ne choisi pas d'avoir. Nos proches nous aiment, si parfois ils s'agacent, c'est parce qu'ils ne savent pas comment nous aider. Et surtout, soyez fier de vous et pour ça, regarder en arrière (ce que je fais rarement à défaut) pour s'apercevoir qu'on surmonte toujours ( et souvent, depuis longtemps) notre anxiété.


Mes outils pour gérer, anticiper et diminuer les crises


Le yoga : ma plus belle rencontre il y a plus de 6 ans, celle qui a changé ma vie. Tout le bien que l'on entend sur le yoga est vrai : il transforme notre vie et est d'une aide précieuse pour calmer l'esprit, apprendre à gérer ses émotions et mieux se connaitre. Lorsque je suis sur mon tapis, je suis dans une bulle de bien-être et tous mes émotions négatives restent en dehors.

Je pratique le Ashtanga, le Vinyasa et le Yin yoga 3 à 4 fois par semaine en studio et en ligne (j'aime particulièrement Le Tigre Yoga play ). Si vous avez besoin de calmer rapidement l'esprit et avez du mal à apaiser vos pensées, je vous recommande le Ashtanga. C'est un yoga dynamique dont les enchaînements sont souvent identiques (il y a plusieurs séries donc ça peut varier mais c'est souvent les mêmes enchainements). Ce qui permet de se concentrer et de s'ancrer particulièrement dans l'instant présent. N'oubliez pas que le yoga est accessible à tous, que vous soyez souple ou non, sportif ou non !


Les exercices de respiration : calment, réoxygènent le cerveau et ralentissent le rythme cardiaque : j'utilise essentiellement la respiration en carré , la respiration alternée et la cohérence cardiaque (elle consiste à inspirer et expirer toujours sur le même temps, pendant 5 min, à raison de plusieurs fois par jour).


La Sophrologie : ça m'a appris à écouter mon corps et à en comprendre les signaux mais aussi, à mettre en place de nombreux outils et exercices permettant de gérer ses émotions et de retrouver l'apaisement.


La thérapie comportementale cognitive : indispensable selon moi pour connaitre le fonctionnement de l'anxiété, se connaître et avoir les outils pour travailler sur soi et apprendre à gérer ses émotions.


Les coups de pouces naturels au quotidien :

- Le cbd (j'en parle régulièrement sur Instagram, vous y trouverez d'ailleurs une story à la une et j'ai rédigé un article complet ici) : je l'utilise sous forme d'huile (j'ai une préférence pour les marques Équilibre et Huages)

- les poudres adaptogènes et les infusions de plantes relaxantes (mes marques favorites : We are Hygée, cosmic skin & mind, cosmic dealer, Pukka) à prendre en cure.


Déconnecter et lire : même si c'est parfois difficile (surtout quand j'ai l'esprit très agité), j'essayer de déconnecter tous les soir au moins 1 à 2h avant de me coucher et de lire. La lecture apaise beaucoup.


Me répéter des "mantras" : pour me ramener à des pensées rassurantes et rationnelles, ça m'apaise et m'ancre. Celui qui m'aide le plus : "rien n'est permanent".


Marcher dans la nature : ça m'apaise beaucoup, me permet de me reconnecter à la nature, de me sentir vivante. À m'émerveiller de la beauté de la nature et c'est très thérapeutique.


Accepter qu'elle fera toujours partie de soi

C'est une des premières informations que m'a donné mon psychiatre : on ne guérit pas de l'anxiété, on apprend à vivre avec et à la gérer. Si on la rejette, on empire le problème (sauf que dans les faits, on est parfois au bout du rouleau et on en a assez de vivre avec elle, alors on la rejette). Dans ces moments là, j'essaie de remettre de l'ordre dans mes pensées et de me rappeler que j'ai déjà vécu ça, que je surmonte à chaque fois cet état et qu'il n'est jamais permanent.

Il n'y a pas si longtemps, ma psychologue m'a dit quelque chose qui m'a fait beaucoup de bien : si je regarde bien, l'anxiété ne m'a pas apporté que du négatif dans la vie. Elle m'a aidé à me construire. Grace à elle, je fais preuve d'empathie et de résilience, je suis courageuse, je me connais mieux que certaines personnes, je suis patiente et j'aime aider les autres.


Finalement, est-ce que ce n'est pas ça la clé ? Essayer d'être reconnaissante et bienveillante envers son anxiété pour mieux cohabiter avec elle ?

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